Newsletter aux parents d'Addiction Suisse - Décembre 2013


Chers parents,
Lorsque les adolescent-e-s sortent seuls pour la première fois, un sentiment étrange peut envahir les parents: "J’espère que tout va bien se passer, que mon enfant ne va pas faire de bêtises!". Comment faire en tant que parents pour prévenir des problèmes en lien avec une consommation d’alcool ou d’autres substances? Comment réagir si, malgré toutes les recommandations, un incident se produit ? Cette dernière lettre aux parents de l’année évoque quelques pistes.

La presse se fait parfois l’écho de cas de jeunes, voire d’enfants, amenés aux urgences en raison de leur consommation d’alcool ou d’autres substances - Sans parler de ces situations dramatiques où des personnes, inconscientes après avoir ingéré des mélanges de produits, sont l’objet de violences sexuelles. Fort heureusement ces cas sont rares, mais ce sont des drames de trop.

En tant que parents vous souhaitez bien entendu protéger vos enfants de pareilles expériences. Mais éprouver et tester les limites fait partie du processus de développement des adolescents. Même si votre jeune n’est pas directement concerné, il est important qu’il sache comment réagir en cas de danger afin de se protéger lui-même et de protéger ses amis.

Se protéger soi-même et protéger les autres

Top

Dès que votre adolescent-e a l’autorisation de sortir tout seul, il est important qu’il connaisse les règles suivantes :
  • S’abstenir de préférence de boire des boissons alcooliques, ou en consommer en quantité très limitée.
  • Renoncer à consommer d’autres substances.
  • Ne consommer de l’alcool (et a fortiori d’autres substances) que lorsque l’on se trouve dans un environnement connu et sûr et en compagnie de personnes en qui on a confiance.
  • Ne participer en aucun cas à des jeux ou des concours avec de l'alcool. Du fait de la consommation très rapide liée à ces jeux, l’effet de l’alcool n’est ressenti que lorsqu’on a déjà trop bu.
  • Ne pas accepter de boissons venant d’inconnus ou de personne dont on n’a pas une confiance absolue- on ne peut jamais savoir ce qu’elles contiennent.
  • Ne jamais laisser sa boisson sans surveillance.
  • Si une boisson a un goût spécial, la rendre ou la jeter.
  • Patienter suffisamment longtemps entre deux boissons alcooliques (au moins trente minutes). L’effet de l’alcool peut ne s’exercer parfois qu’après trente minutes. Si une personne boit une grande quantité d’alcool en peu de temps parce qu’elle ne ressent rien, quand l’effet se produit, les conséquences peuvent être très graves.
  • Etre prudent-e avec les spiritueux, en particulier quand ce sont des mélanges maison très sucrés: la vodka ou le rhum sont presque huit fois plus forts que la bière.
  • Il est difficile d'estimer la quantité d'alcool contenue dans une boisson quand on fait son propre mélange dans une grande bouteille. Il est fortement conseillé de boire dans de petits verres. Boire à la bouteille augmente le danger de boire trop vite et en trop grande quantité.
  • Il faut aussi bien surveiller la quantité d'alcool que l'on met dans ses propres mélanges; un verre ne doit pas contenir plus de quatre centilitres de spiritueux (40% vol.).
   

Quand et comment communiquer ces règles?

Top

Informez votre adolescent-e suffisamment tôt sur les risques liés à la consommation d’alcool.

Souvent les parents abordent ce sujet tardivement car ils s’imaginent, à tort, que ce n’est pas d’actualité pour leur enfant. Pour que vos explications soient crédibles, n’oubliez pas d’aborder les effets positifs qui peuvent être ressentis. Vous trouverez des conseils sur la manière de discuter de la consommation d’alcool avec votre enfant dans notre brochure: "L'alcool – Comment en parler avec les ados"
Lorsque des enfants ou des jeunes sont amenés aux urgences pour une intoxication éthylique ou due à d'autres substances, il est assez fréquent qu'ils aient sous-estimés l'effet ou la quantité consommée. Un verre de bière (trois décilitres), c'est assez facile de se le représenter, mais qu'en est-il de quatre centilitres de vodka? Or c'est bien là que réside la difficulté: la quantité d'alcool pur contenue, est presque pareille dans ces deux volumes. Vous pouvez montrer à votre jeune à l'aide d'un verre d'eau et d'une mesure à quoi correspondent ces quantités. Expliquez-lui aussi, en remplissant un verre de deux décilitres, qu'un tel volume de vodka ou d'autre alcool fort est également trop important pour un adulte; une telle quantité, de plus consommée en peu de temps, conduit à un état d'ivresse dangereux.

     

Comment réagir quand quelqu’un se sent mal?

Top

Lorsque quelqu’un se trouve dans un état critique, il faut, dans tous les cas, apporter ou solliciter de l’aide :
  • Si on ne se sent pas bien soi-même, il s’agit d’en informer une personne de confiance, la sécurité ou le personnel de l'établissement, et de demander de veiller sur soi. Ne pas partir avec des inconnus!
  • Ne pas laisser seule, un personne qui se sentirait mal. Même si elle souhaite juste sortir pour prendre un peu d’air frais.
  • Ne pas laisser une personne en compagnie de quelqu’un en qui l'on n'aurait pas toute confiance.
  • Le cas échéant, placer la personne en position latérale, surveiller régulièrement sa respiration et son état de conscience. Demander de l’aide auprès de la sécurité, du personnel ou d’une personne de confiance.
  • En cas d’inconscience, d’état critique, si la personne ne répond pas à la stimulation, en cas de doute, appeler le 144!
Attention! Consommer de l'alcool de manière abusive ou d'autres produits, expose à des risques supplémentaires :

Les personnes ivres sont plus souvent impliquées dans des agressions – comme auteur ou victime – que des personnes qui ne consomment pas. Elles sont plus enclines à des comportements à risque et s'exposent ainsi à un risque d'accidents augmenté. De plus, les personnes ivres sont plus facilement victimes d'agressions sexuelles ou autres.
En hiver, il ne faut pas sous-estimer le danger d'une chute de la température corporelle (hypothermie), la perception du froid étant perturbée par l'alcool.

   

Conseils pour les parents

Top

Les règles citées permettent d’éviter des situations d'urgence. Cependant il est possible qu'un tel événement survienne à votre enfant ou à ses amis.
En cas d’urgence, le bon geste peut sauver une vie.

  • Avec votre adolescent-e, abordez le sujet des accidents en lien avec une consommation d'alcool ou d'autres produits, par exemple quand les médias s'en font l'écho. Demandez-lui son avis et éventuellement ses expériences. Transmettez-lui les notions importantes pour éviter une telle situation.
  • Expliquez clairement à votre adolescent-e ce que vous tolérez ou non en matière de consommation d'alcool. Dites-lui aussi que, quoiqu'il se passe, vous serez là pour l'aider.
  • Construisez une culture de confiance et de dialogue. Si votre enfant a trop peur de votre réaction, il se confiera peu à vous, et, en cas de problème, il n'osera pas vous contacter.
  • Assurez votre adolescent-e de votre soutien en tout temps, que lui-même ou elle-même ou bien que des amis se trouvent dans une situation critique.

Si une sortie s'est transformée en situation d'urgence:

  • Insister pour discuter de cette situation d'urgence. Une tel incident ne doit pas être banalisé! Demandez-lui comment ça s'est passé, comment il ou elle s'est senti-e. Cherchez ensemble les moyens d'éviter qu'un tel événement ne se reproduise.
  • Si une telle situation s'est produite, cela signifie que les règles établies n'ont pas été respectées et il faudra discuter des conséquences qui en découleront
  • Renforcez également votre jeune en lui répétant qu'il ou elle a bien fait de chercher de l'aide.
  • Au cas où cette situation devait se reproduire, n'hésitez pas à vous adresser à une consultation spécialisée.

Il est entendu que si votre adolescent-e consomme régulièrement de l'alcool de manière abusive ou d'autres substances, des mesures différentes s'imposent. Contactez sans tarder une consultation spécialisée dans votre région pour vous faire conseiller.

Mais rappelons que la majorité des jeunes se comportent de manière raisonnable quand ils sortent; ils savent très bien qu'une soirée entre amis se savoure aussi sans aucun produit !

Addiction Suisse vous souhaite, ainsi qu'à vos proches, de très belles fêtes de fin d'année, pleines de surprises agréables et de rencontres enrichissantes!

   
Addiction Suisse est une organisation privée. Merci à celles et ceux qui nous soutiennent.

CCP : 10-261-7