Addiction Suisse – Semaine nationale d’action du 8 au 14 mars 2021 - Enfants de parents dépendants : une souffrance accentuée par la pandémie
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Semaine nationale d’action du 8 au 14 mars 2021 - Enfants de parents dépendants : une souffrance accentuée par la pandémie

02 mars 2021, 10:00

En Suisse, quelque 100 000 enfants vivent avec un parent qui a une consommation problématique d’alcool ou d’une autre substance. Pour eux, la pandémie de coronavirus entraîne une souffrance accrue, car ils ne peuvent parfois pas aller à l’école et le parent qui consomme est encore plus souvent à la maison. Coordonnée par Addiction Suisse, la semaine d’action annuelle attire l’attention sur le vécu de ces enfants et appelle à leur venir en aide. Du 8 au 14 mars, 38 actions d’information et de sensibilisation seront organisées par de nombreuses institutions dans 15 cantons. Jean-Marc Richard et Bruno Peki soutiennent cette campagne en tant qu’ambassadeurs pour la Suisse romande. Des témoignages de personnes concernées jalonneront la semaine.

Lorsqu’un parent est dépendant, toute la famille en souffre. Pour les enfants, cela signifie bien souvent un climat familial tendu, conflictuel, imprévisible et incohérent. C’est aussi être confronté jour après jour à la peur, la honte, la culpabilité, l’insécurité et l’isolement. Autant de difficultés auxquelles les enfants sont encore davantage exposés durant la pandémie, car ils ne peuvent parfois pas aller à l’école ou chez des amis et le parent qui consomme est plus souvent à la maison. Les tensions accrues liées au coronavirus peuvent également déboucher sur des actes de violence dans les familles concernées (mais aussi dans d’autres foyers). L’Hôpital pédiatrique de Zurich a fait état d’une hausse des cas de maltraitance envers des enfants de 10% au total en 2020.

Lorsque ma mère rentre du travail, elle le voit bourré et elle commence à s’énerver. Ils ne se parlent jamais, uniquement pour se disputer. Étant donné qu’il ne travaille pas, ma mère doit tout lui payer et il se permet encore de se plaindre et de faire des remarques à ma mère du genre «Tu fais quoi de ton argent? T’as plus rien». Lorsque je suis à la maison, elle vient se plaindre de mon père et lorsqu’elle n’est pas là, mon père vient se plaindre de ma mère. Je suis censée faire quoi? (Anonyme ayant grandi avec un père alcoolique, 23 ans)

Les enfants de parents dépendants risquent davantage de devenir eux-mêmes dépendants plus tard: par rapport aux enfants issus de familles sans problème d’alcool, ils ont un risque six fois plus élevé de développer une dépendance et ils sont également davantage susceptibles de souffrir d’une autre maladie psychique.

Durant ces jeunes années, j’ai aussi bu de l’alcool presque comme on boirait de l’eau, simplement pour m’anesthésier et anesthésier mes sens. Peut-être aussi pour me sentir proche de mon père, en lien avec lui. (Sabi, 36 ans, qui a grandi avec un père alcoolique).

Sortir du silence

Les enfants qui grandissent dans une famille touchée par une dépendance aiment leurs parents et veulent les protéger. Ces derniers, quant à eux, veulent être de bons parents et cachent leurs problèmes par peur et par honte. En conséquence, les enfants portent le fardeau de ces situations familiales difficiles, qui sont généralement tenues secrètes tout au long de leur enfance. Leur souffrance est donc bien souvent difficile à identifier.

Ma mère savait y faire. Mon frère a subi des examens médicaux et neurologiques, et il a été vu par le psychologue scolaire à cause de son comportement en classe. Mais personne n’a jamais touché à notre système familial. (Michel, 46 ans, dont les parents étaient tous deux alcoolo-dépendants).

La semaine nationale d’action vise à briser le tabou et à sensibiliser le public aux difficultés et aux besoins des enfants concernés. Les activités organisées montrent des pistes à l’entourage pour apporter de l’aide, en mettant en relief les différences entre filles et garçons, que ce soit au niveau de leur vécu ou de leurs besoins. Des formations et une plateforme d’échange sont par ailleurs organisées à l’intention des professionnel-le-s du domaine social et des brochures sont mises à disposition.

L’alcool promet de nombreux rires. Que d’histoires incroyables, de bévues amusantes, d’actions héroïques en relation avec cette substance ! Cela vaut également sur scène : imite celui qui a trop bu, et les rires fusent aussitôt. Tout cela est bien beau, mais si la personne qui a trop bu est ton père – ou ta mère ? Et si l’enfant doit aider, qui l’aidera à son tour ? Il est important de sortir du silence pour ces enfants. (Renato Kaiser, humoriste, ambassadeur de la campagne pour la Suisse alémanique).

Une action au niveau local, national et international!

Cette semaine d’action s’inscrit dans un mouvement international. Depuis plusieurs années en effet, des pays comme l’Allemagne, la Grande-Bretagne et les États-Unis dédient une semaine à cette thématique. En Suisse, de nombreuses organisations mettront sur pied 29 actions de sensibilisation dans 15 cantons. Compte tenu des mesures prises pour enrayer la pandémie de coronavirus, certaines seront proposées en ligne. La liste des institutions et des activités est disponible en annexe. Les organisations régionales font également volontiers part de leur expérience professionnelle aux médias.

Pour que la souffrance liée aux dépendances ne devienne pas une fatalité familiale agissons dès maintenant sans attendre qu’il soit trop tard.  (Jean-Marc Richard, ambassadeur de la semaine d’action pour la Suisse romande).

L’animateur radio et télévision Jean-Marc Richard et l’humoriste Bruno Peki sont les ambassadeurs de la semaine d’action pour la Suisse romande; l’humoriste Renato Kaiser soutiendra quant à lui la campagne en Suisse alémanique.

Vous trouverez de plus amples informations sur la thématique et des témoignages de personnes concernées sur le site internet de la campagne.

www.enfants-parents-dependants.ch  et en annexe:

Renseignements :
Margaux Salvi-Délez (français)
responsable de la campagne
msalvidelez@ich-will-keinen-spamaddictionsuisse.ch
Tél 021 321 29 89

Markus Meury (allemand)
porte-parole
mmeury@ich-will-keinen-spamsuchtschweiz.ch  
Tél 021 321 29 63

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Porte-paroles

Monique Portner-Helfer
mportner-helfer@ich-will-keinen-spamsuchtschweiz.ch

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