La libéralisation des boutiques de stations-service se poursuit
Les stations-service doivent pouvoir vendre de tout, jour et nuit, y compris de l’alcool. A la suite du Conseil national, la Commission de l’économie du Conseil des Etats vient de se prononcer en faveur d’une modification de la loi. Elle souhaite que, désormais, certaines boutiques de stations-service puissent, sans autorisation spéciale, faire travailler leur personnel le dimanche et la nuit.
Addiction Suisse regrette que les horaires d’ouverture des magasins continuent ainsi d’être libéralisés. Effectivement, quand on conduit la nuit, du café et des sandwichs peuvent s’avérer nécessaire. Et à la satisfaction de bien des gens, il est désormais normal d’avoir la possibilité de faire des achats indispensables à toute heure lorsqu’on est sur la route. Néanmoins, pour Addiction Suisse, l’alcool n’est pas un bien de consommation ordinaire et ne figure donc pas parmi les produits dont on a besoin vingt-quatre heures sur vingt-quatre! Pour des raisons de sécurité, l’objectif doit être de séparer autant que possible alcool et circulation routière. Par son vote récent, le Parlement s’en éloigne.
En Suisse, on peut acheter de l’alcool presque partout, n’importe quand et pour un prix modique – en partie grâce aux stations-service ouvertes à toute heure. Du point de vue de la santé publique, cette situation est préoccupante, car la libéralisation des horaires d’ouverture des magasins favorise la consommation problématique d’alcool.
Addiction Suisse s’engage depuis longtemps en faveur de mesures qui limitent la disponibilité des boissons alcooliques, notamment par le biais d’une restriction des horaires de vente. Par conséquent, Addiction Suisse salue l’intention du Conseil fédéral d’instaurer, dans le cadre de la nouvelle loi sur l’alcool, une interdiction de vente dans tous les commerces de détail de Suisse entre 22 heures et 6 heures (le Parlement doit encore délibérer sur cette proposition de loi). Cette interdiction s’appliquerait également aux boutiques des stations-service. La décision de la Commission de l’économie du Conseil des Etats va donc à l’encontre de cette mesure efficace. Et c’est très regrettable.
